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Un site d'exception et à l'abandon.

 

 

   Une partie du marais poitevin est un site classé, au même titre que le Mont st Michel par exemple... La zone la plus connue se trouve autour de Coulon  et s'appelle la Venise Verte. 

Le marais comprend deux grandes régions : Le marais dit desséché, proche du bord de mer, qui est une zone de polder protégée des flots par des digues. Et, le marais dit mouillé qui se situe en amont du marais desséché et qui joue un rôle tampon, puisque l'on n'hésite pas à l'inonder pour protéger les grandes villes, et la zone de polder. Les niveaux d'eau sont régulés au centimètre près par tout un système d'écluses.

La richesse du marais poitevin, vient justement de ces inondations qui déposent chaque hiver une couche de limon très fertile. Cette richesse n'est pas un mythe, puisqu'au début du siècle, un hectare de marais valait deux fois plus cher qu'un hectare de plaine.

Mais l'agriculture a ensuite évolué vers l'intensif, la mécanisation, la surproduction et tout les systèmes de primes ahurissants qui  y sont associés. Ainsi, le marais a perdu de sa valeur et c'est maintenant l'inverse, puisqu'un hectare de marais vaut deux fois moins qu'un hectare de plaine. 

Historiquement donc, ce milieu a été riche, et nous pensons qu'il mérite d'être à nouveau exploité et entretenu. Malheureusement, le marais ressemble aujourd'hui à un musée abandonné et sans grand intérêt, que l'on visite en barque et au prix fort.  

 

 

La région avant les travaux d'assèchement.

Après les travaux d'assèchement. (on distingue clairement les positions du marais mouillé et desséché)

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Notre marais...

 

        Le marais est découpé en très petites parcelles, à l'image de ce qui existait en agriculture au début du siècle. Pour l'élevage, nous nous efforçons de constituer des blocs cohérents de 5 à 10 hectares.

Ce travail est très intéressant : il s'agit de redefinir des fossés, fabriquer des ponceaux, d'imaginer le cheminement des animaux bref il faut intelligemment redessiner le paysage.

Les difficultés sont nombreuses : notamment pour la remise en état des parcelles laissées à l'abandon. Transformer une jungle en prairie n'a rien d'évident. En outre, la tempête de l'an 2000 a compliqué le travail. Mais la méthode est éprouvée : tronçonneuse, treuil hydraulique pour tirer les arbres au sol, feu, broyeur et beaucoup de sueur et de patience. Le poney shetland est également une aide précieuse : il défriche!

Une fois que la parcelle est remise en état, il suffit de remettre des animaux pour l'entretien et l'amélioration des sols : de préférence des bovins. Ensuite c'est gagné... Si l'on enlève les animaux, en deux à trois ans, la parcelle redevient une jungle et tout est à refaire.

Voici un exemple de modification d'aménagement des parcelles sur un bloc ici d'environ 5 hectares. En marron, on note les ponceaux, on voit que certains fossés ont été partiellement ou totalement bouchés, d'autres ouverts... Des arbres ont été plantés (ils ne sont pas tous indiqués)...

 

 
Avant :          Après : 

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Un vrai travail de colons...

 

En effet, il a fallu s'intégrer dans cette nature hostile, puis se l'approprier (par l'achat de parcelles) et enfin tout remettre en état pour redonner une cohérence économique à cet ensemble. Malheureusement pour ce genre d'aventure, le soutien de l'état reste assez symbolique, comparé aux aides grassement distribuées aux géants de l'agriculture.

Mais la politique agricole actuelle ne nous a pas découragé et nous avons néanmoins eu l'aide et les encouragements de nombreuses personnes et notamment du parc régional du marais Poitevin.